Tu passes l’Examen d’État cette année, et tu dois écrire une pièce de théâtre ? Pas de panique ! Imagine que tu es à Kinshasa, près du marché central, et que tu dois captiver un public qui a vu des centaines de pièces. Comment faire ? Ce guide t’explique, étape par étape, comment écrire une pièce qui fait vibrer l’audience. On va analyser des extraits, créer des personnages, construire des suspenses… et même corriger des erreurs classiques. Prêt à devenir le Shakespeare de l’Examen d’État ?
Exercice 1 : Analyse d’une scène type Examen d’État (3 points)
Voici un extrait d’une pièce inspirée du quotidien à Lubumbashi. Analyse sa structure et son efficacité pour captiver l’audience.
- Scène 1 : La cour de l’école primaire Sainte-Cécile à Lubumbashi. Il est 14h. Des élèves jouent au football. Deux personnages principaux : KABUNDA (12 ans, leader du groupe) et MAMOU (10 ans, timide).
- KABUNDA : (criant) Allez, Mamou ! Tu rates tout aujourd’hui !
- MAMOU : (rougissant) Je… je suis fatigué…
- KABUNDA : Fatigué ? Tu as dormi toute la nuit dans la classe !
- MAMOU : (soupirant) Oui, mais mon père a encore crié… Il veut que je vende des beignets au marché demain.
- KABUNDA : (s’approchant) Écoute, si tu gagnes ce match, je te prête mon ballon en cuir. D’accord ?
- MAMOU : (souriant timidement) Vraiment ? Merci, Kabunda !
- Identifie les éléments de la didascalie initiale qui situent l’action dans un contexte local. Justifie ta réponse.
- Analyse le dialogue entre Kabunda et Mamou. Quel effet produit-il sur le lecteur/auditeur ?
- Propose une modification du dialogue pour renforcer le suspense avant la fin de la scène.
Solution complète
Question 1 (1 pts) — Identifie les éléments de la didascalie initiale qui situent l’action dans un contexte local. Justifie ta réponse.
- Éléments locaux — L’école Sainte-Cécile à Lubumbashi, l’heure de 14h (après les cours), et la mention des beignets (plat local) ancrent l’histoire dans la réalité congolaise.
→ Les éléments locaux sont : l'école Sainte-Cécile à Lubumbashi, l'heure de 14h, et la mention des beignets.
Question 2 (1 pts) — Analyse le dialogue entre Kabunda et Mamou. Quel effet produit-il sur le lecteur/auditeur ?
- Effet produit — Le dialogue montre un conflit entre l'insouciance de l'enfance (le football) et les responsabilités imposées par la pauvreté. Cela touche le public par son réalisme.
→ Le dialogue produit un effet de réalisme et de tension émotionnelle en révélant un conflit social.
Question 3 (1 pts) — Propose une modification du dialogue pour renforcer le suspense avant la fin de la scène.
- Modification suggérée — Ajouter une menace externe (ex : les grands de la 6ème) pour créer un suspense immédiat.
→ On pourrait ajouter : 'KABUNDA : (regardant vers la rue) Attention, voici les grands de la 6ème… Ils veulent toujours notre ballon !'
Barème de correction
| Identification correcte des éléments locaux dans les didascalies | 1 pts |
| Analyse pertinente de l'effet produit par le dialogue | 1 pts |
| Proposition de modification cohérente pour renforcer le suspense | 1 pts |
Exercice 2 : Réécriture d’un dialogue pour un public congolais (4 points)
Voici un dialogue maladroit entre deux personnages à Kisangani. Réécris-le pour qu’il sonne naturel et captivant pour un public congolais.
- PERSONNAGE A : Bonjour, comment vas-tu aujourd’hui ?
- PERSONNAGE B : Je vais bien, merci. Et toi ?
- PERSONNAGE A : Je vais bien aussi. Qu’est-ce que tu fais ici ?
- PERSONNAGE B : Je suis venu pour voir mon ami. Et toi ?
- PERSONNAGE A : Moi aussi, je suis venu pour voir mon ami. On se voit plus tard ?
- PERSONNAGE B : Oui, à plus tard.
- Réécris ce dialogue en utilisant un langage oral et des expressions typiques de Kisangani.
- Ajoute une touche d’humour ou de suspense pour capter l’attention.
- Explique pourquoi ta version est plus efficace que l’original.
Solution complète
Question 1 (2 pts) — Réécris ce dialogue en utilisant un langage oral et des expressions typiques de Kisangani.
- Réécriture — PERSONNAGE A : Mboté na yo, mon frère ? Ça roule ? PERSONNAGE B : Ça roule, merci ! Toi aussi, tu es là ? PERSONNAGE A : Oui, je cherche mon pote Koffi. Tu l’as vu ? PERSONNAGE B : Non, mais j’ai entendu dire qu’il est parti vers le marché.
→ Voir ci-dessus pour la réécriture en langage oral congolais.
Question 2 (1 pts) — Ajoute une touche d’humour ou de suspense pour capter l’attention.
- Ajout d'humour/suspense — PERSONNAGE A : (souriant) Si tu le vois, dis-lui que son ballon est toujours entre les mains des 'bana ya ndoki' ! PERSONNAGE B : (riant) Ah, ces petits diables ! Je lui dirai.
→ L'ajout de la référence aux 'bana ya ndoki' (enfants sorciers) et la menace humoristique sur le ballon créent une touche locale et captivante.
Question 3 (1 pts) — Explique pourquoi ta version est plus efficace que l’original.
- Explication — Ma version utilise un langage oral (Mboté, ça roule), des expressions locales ('bana ya ndoki'), et un suspense léger. Cela rend le dialogue plus vivant et crédible pour un public congolais.
→ La version réécrite est plus efficace car elle utilise un langage oral, des expressions locales, et ajoute une touche d'humour/suspense.
Barème de correction
| Réécriture fidèle au langage oral congolais avec expressions locales | 2 pts |
| Ajout pertinent d'humour ou de suspense | 1 pts |
| Explication claire des choix de réécriture | 1 pts |
Exercice 3 : Création d’un personnage réaliste (3 points)
Crée un personnage principal pour une pièce se déroulant à Goma. Il doit avoir un conflit interne fort et être ancré dans la réalité locale.
- Nom : BAHATI
- Âge : 25 ans
- Métier : Guide touristique au Parc des Virunga
- Décris le conflit interne de Bahati en 3 phrases.
- Invente un dialogue de 4 répliques où Bahati exprime ce conflit.
- Propose une didascalie initiale qui révèle sa personnalité.
Solution complète
Question 1 (1 pts) — Décris le conflit interne de Bahati en 3 phrases.
- Conflit interne — Bahati rêve de sauver les gorilles, mais il doit aussi nourrir sa famille. Il hésite entre sa passion et la survie quotidienne.
→ Bahati est tiraillé entre sa passion pour les gorilles du Parc des Virunga et la pression de sa famille qui exige qu’il quitte ce travail précaire pour un emploi stable à la mine de Bisie.
Question 2 (1 pts) — Invente un dialogue de 4 répliques où Bahati exprime ce conflit.
- Dialogue — BAHATI : (regardant les montagnes) Chaque jour, je vois les gorilles… et chaque nuit, j’entends mon père crier : 'Va à la mine !' MÈRE : (criant) Bahati, le salaire de la mine est là ! BAHATI : (serrant les poings) Mais les gorilles n’ont pas de salaire… Ils ont besoin de moi ! MÈRE : (soupirant) Tu préfères les bêtes aux tiens ?
→ Voir ci-dessus pour le dialogue montrant le conflit interne.
Question 3 (1 pts) — Propose une didascalie initiale qui révèle sa personnalité.
- Didascalie initiale — BAHATI, 25 ans, debout sur une colline dominant Goma. Il porte un chapeau de guide usé et une veste aux couleurs du Parc des Virunga. Son regard alterne entre l’horizon et une photo jaunie de sa famille.
→ BAHATI, 25 ans, debout sur une colline dominant Goma. Il porte un chapeau de guide usé et une veste aux couleurs du Parc des Virunga. Son regard alterne entre l’horizon et une photo jaunie de sa famille.
Barème de correction
| Conflit interne clair et ancré dans le contexte local (Parc des Virunga, mine de Bisie) | 1 pts |
| Dialogue montrant le conflit de manière vivante | 1 pts |
| Didascalie initiale révélant la personnalité | 1 pts |
Exercice 4 : Construction d’un suspense efficace (4 points)
Tu écris une pièce sur un conflit autour de l’eau dans un quartier de Kinshasa. Construis une scène de 8 répliques maximum qui se termine par un cliffhanger.
- Personnages : MAMAN LISA (propriétaire d’un puits), KALALA (jeune activiste), UN INCONNU
- Contexte : Le puits de Maman Lisa est le seul point d’eau du quartier. Un inconnu menace de le polluer.
- Écris la scène en utilisant des répliques courtes et percutantes.
- Termine par un cliffhanger qui pousse le public à vouloir voir la suite.
- Explique comment ton cliffhanger crée de la tension.
Solution complète
Question 1 (2 pts) — Écris la scène en utilisant des répliques courtes et percutantes.
- Scène — MAMAN LISA : (criant) Qui veut de l’eau ? KALALA : (s’approchant) Maman Lisa, on a un problème. L’inconnu est là. INCONNU : (souriant) Bonjour la belle. Je veux acheter ton puits. MAMAN LISA : (méfiante) Acheter ? C’est à moi, ce puits ! KALALA : (à l’oreille de Maman Lisa) Il a un bidon rouge… celui qu’on utilise pour les produits toxiques. INCONNU : (riant) Vous parlez trop. Je reviens demain avec mon camion. MAMAN LISA : (criant) Non !
→ Voir ci-dessus pour la scène de 8 répliques.
Question 2 (1 pts) — Termine par un cliffhanger qui pousse le public à vouloir voir la suite.
- Cliffhanger — Le cliffhanger est la révélation du bidon rouge et la menace 'Je reviens demain avec mon camion'. Cela suggère une pollution imminente.
→ Le cliffhanger est la menace de l'inconnu : 'Je reviens demain avec mon camion' après avoir mentionné le bidon rouge.
Question 3 (1 pts) — Explique comment ton cliffhanger crée de la tension.
- Explication — Le cliffhanger crée une tension car il annonce une action concrète (le camion) et une menace invisible (le produit toxique). Le public veut savoir ce qui va se passer demain.
→ Le cliffhanger crée de la tension en annonçant une action immédiate (le camion) et une menace invisible (le produit toxique), poussant le public à vouloir connaître la suite.
Barème de correction
| Scène bien structurée avec répliques courtes et percutantes | 2 pts |
| Cliffhanger efficace et cohérent avec le contexte | 1 pts |
| Explication claire du mécanisme du suspense | 1 pts |
Exercice 5 : Adaptation d’un conte local en pièce de théâtre (3 points)
Adapte le conte 'Le lièvre et la tortue' en une scène de théâtre se déroulant dans un village près de Kisangani. Respecte la morale mais modernise l’histoire.
- Personnages : LIÈVRE (arrogant), TORTUE (persévérante), CHASSEUR (tension supplémentaire)
- Morale : 'Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.'
- Écris une scène de 6 répliques où le lièvre et la tortue se préparent pour une course.
- Ajoute un élément moderne (ex : téléphone, vélo) pour ancrer l’histoire dans le présent.
- Explique comment tu as modernisé le conte tout en gardant sa morale.
Solution complète
Question 1 (2 pts) — Écris une scène de 6 répliques où le lièvre et la tortue se préparent pour une course.
- Scène — LIÈVRE : (riant) Hé, Tortue ! Tu veux faire la course jusqu’au marché ? TORTUE : (calme) Pourquoi pas ? Mais attention, je prends mon vélo. LIÈVRE : (méprisant) Un vélo ? Moi, je prends la moto-taxi ! Tu vas voir, je serai là avant toi. TORTUE : (souriant) On verra. Mais souviens-toi : 'Rien ne sert de courir…' LIÈVRE : (criant) Pff ! À tout à l’heure ! (part en trombe) TORTUE : (prenant son vélo) Moi, je pars maintenant.
→ Voir ci-dessus pour la scène adaptée.
Question 2 (0 pts) — Ajoute un élément moderne (ex : téléphone, vélo) pour ancrer l’histoire dans le présent.
- Éléments modernes — L'utilisation du vélo et de la moto-taxi remplace la course à pied. Le téléphone pourrait être utilisé pour un appel urgent pendant la course.
→ Les éléments modernes sont le vélo et la moto-taxi, remplaçant la course à pied traditionnelle.
Question 3 (1 pts) — Explique comment tu as modernisé le conte tout en gardant sa morale.
- Modernisation — J'ai remplacé la course à pied par des moyens de transport modernes (vélo, moto-taxi) tout en gardant la morale. Le lièvre reste arrogant, la tortue persévérante.
→ La modernisation consiste à utiliser des moyens de transport actuels (vélo, moto-taxi) tout en conservant la structure classique du conte et sa morale.
Barème de correction
| Adaptation fidèle du conte avec éléments modernes pertinents | 2 pts |
| Dialogue montrant les traits de caractère des personnages | 1 pts |
Exercice 6 : Correction d’une pièce type Examen d’État (3 points)
Voici un extrait d’une pièce présentée à l’Examen d’État. Identifie 3 erreurs majeures et propose des corrections.
- Scène : Un marché à Lubumbashi. Deux personnages discutent. PERSONNAGE X : Bonjour, comment tu t’appelles ? PERSONNAGE Y : Je m’appelle Jean. Et toi ? PERSONNAGE X : Moi, c’est Pierre. Tu vends quoi ? PERSONNAGE Y : Des bananes. PERSONNAGE X : Ah, des bananes ! Combien ? PERSONNAGE Y : 500 FCFA le régime. PERSONNAGE X : C’est trop cher !
- Identifie les 3 erreurs majeures dans cet extrait.
- Propose une correction pour chaque erreur.
- Explique pourquoi ces corrections améliorent la pièce.
Solution complète
Question 1 (1 pts) — Identifie les 3 erreurs majeures dans cet extrait.
- Erreurs identifiées — 1) Pas de didascalie initiale pour situer l'action. 2) Dialogue trop formel ('comment tu t’appelles ?'). 3) Absence de conflit ou de tension dans le dialogue.
→ Les trois erreurs sont : 1) absence de didascalie initiale, 2) dialogue trop formel, 3) absence de conflit ou de tension.
Question 2 (1 pts) — Propose une correction pour chaque erreur.
- Corrections proposées — 1) Ajouter : 'Marché de Katuba, Lubumbashi. Il est 7h du matin. Des vendeurs crient leurs prix.' 2) Remplacer par : 'Mboté, mon frère ! Ton nom, c’est comment ?' 3) Ajouter : 'PERSONNAGE X : 500 FCFA ? À ce prix-là, je vais chez le Chinois !'
→ Corrections : 1) Ajouter une didascalie initiale, 2) Utiliser un langage oral ('Mboté'), 3) Introduire un conflit sur le prix.
Question 3 (1 pts) — Explique pourquoi ces corrections améliorent la pièce.
- Explication des améliorations — Ces corrections ancrent la scène dans un contexte local (Katuba, Lubumbashi), rendent le dialogue plus naturel, et introduisent une tension (conflit sur le prix) qui capte l'attention.
→ Les corrections améliorent la pièce en l'ancrant dans un contexte local, en utilisant un langage oral, et en introduisant une tension qui capte l'attention du public.
Barème de correction
| Identification correcte de 3 erreurs majeures | 1 pts |
| Proposition de corrections pertinentes et réalistes | 1 pts |
| Explication claire des améliorations apportées | 1 pts |