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Cet article est à visée éducative. Nous t'encourageons à vérifier avec des sources officielles.

Tu prends le bus à Kinshasa un matin de 2025. Soudain, ton téléphone vibre : un message du gouvernement t’ordonne de te présenter au centre de vaccination obligatoire. Pas de certificat ? Tu perds ton accès aux services publics. Et si cette scène n’était pas de la science-fiction, mais le début d’une dystopie congolaise ? Dans cet article, on va décortiquer comment les écrivains utilisent la fiction pour refléter nos pires cauchemars… et comment ces cauchemars pourraient devenir réalité chez nous, à Lubumbashi comme à Goma. Prêt à affronter tes peurs ?

Exercice 1 : Comprendre la dystopie à travers un extrait (4 points)

Définition de la dystopieProcédés stylistiquesAnalyse de texte

Voici un extrait adapté d’une œuvre dystopique congolaise fictive intitulée *« Kinshasa 2040 »* : *« Dans la cité de Kingabwa, chaque citoyen portait désormais un bracelet électronique obligatoire. Le gouvernement justifiait cette mesure par la lutte contre la criminalité, mais les habitants savaient que c’était le début de la fin de leurs libertés. Les écrans géants installés aux carrefours diffusaient en boucle des messages patriotiques : ‘Un peuple discipliné est un peuple heureux.’ Les rues étaient nettoyées, les marchés surveillés, et les opposants disparaissaient la nuit sans laisser de trace. »*

  • Extrait fictif inspiré des dystopies classiques
  • Contexte : Cité de Kingabwa (banlieue de Kinshasa)
  • Année fictive : 2040
  1. Relever trois éléments qui font de ce texte une dystopie et justifier chaque choix
  2. Expliquer comment l’auteur utilise l’ironie dans le message « Un peuple discipliné est un peuple heureux »
  3. Citer deux procédés stylistiques présents dans ce passage et analyser leur effet sur le lecteur
Solution complète

Question 1 (2 pts)Relever trois éléments qui font de ce texte une dystopie et justifier chaque choix

  1. Élément 1 : Surveillance — Le bracelet électronique obligatoire illustre la surveillance totale des citoyens. Dans une société normale, un bracelet serait un outil de santé ou de sécurité, mais ici il devient un instrument de contrôle politique.
  2. Élément 2 : Répression — La disparition des opposants la nuit sans laisser de trace évoque les disparitions forcées, un phénomène hélas connu dans certains régimes autoritaires. Cela crée une atmosphère de terreur où même la famille ne sait pas ce qui arrive à un proche.
  3. Élément 3 : Propagande — Les écrans diffusant des messages patriotiques rappellent la propagande d’État, comme sous Mobutu avec le « Mobutisme ». Ici, le message est détourné pour justifier l’oppression au nom du « bonheur collectif ».

→ Les trois éléments dystopiques sont : 1) Le bracelet électronique (surveillance), 2) La disparition des opposants (répression), 3) Les écrans de propagande (manipulation).

Question 2 (1 pts)Expliquer comment l’auteur utilise l’ironie dans le message « Un peuple discipliné est un peuple heureux »

  1. Analyse de l'ironie — Le message « Un peuple discipliné est un peuple heureux » est ironique car il suggère que la discipline (ici imposée par la force) mène au bonheur, alors que la description du texte montre exactement l’inverse : une société apeurée, surveillée, où les libertés sont bafouées. L’ironie sert à dénoncer l’hypocrisie des régimes autoritaires qui masquent leur oppression sous des slogans trompeurs.

→ L’ironie montre que le message officiel cache une réalité oppressive : la discipline imposée ne mène pas au bonheur mais à la peur et à la répression.

Question 3 (1 pts)Citer deux procédés stylistiques présents dans ce passage et analyser leur effet sur le lecteur

  1. Accumulation — L’accumulation de verbes (« nettoyées », « surveillés », « disparaissaient ») crée un effet de liste qui donne l’impression d’un système implacable, sans échappatoire. Le lecteur ressent l’étouffement progressif de la société.
  2. Anaphore — L’anaphore « chaque » (« chaque citoyen », « chaque ») souligne que personne n’est épargné par le système. Cela renforce l’idée d’une dystopie totale, où la répression est généralisée et inévitable.

→ L’accumulation crée un effet d’étouffement et de contrôle absolu, tandis que l’anaphore « chaque » montre que la répression est universelle.

Barème de correction

Pertinence des éléments dystopiques relevés2 pts
Explication claire de l’ironie1 pts
Analyse précise des procédés stylistiques1 pts

Exercice 2 : Utopie vs Dystopie — Tableau comparatif (5 points)

Différenciation utopie/dystopieAnalyse comparativeCritères de classification

Complète le tableau comparatif ci-dessous en t’appuyant sur tes connaissances des œuvres dystopiques (*1984* d’Orwell, *Le Meilleur des mondes* d’Huxley) et utopiques (*Utopia* de Thomas More).

  • Deux colonnes : Utopie et Dystopie
  • Cinq critères à remplir : Organisation sociale, Liberté individuelle, Technologie, Fin de l’histoire, Rôle de l’État
  1. Compléter la colonne Utopie pour chaque critère
  2. Compléter la colonne Dystopie pour chaque critère
  3. Citer une œuvre qui illustre chaque case de la colonne Dystopie
Solution complète

Question 1 (2 pts)Compléter la colonne Utopie pour chaque critère

  1. Colonne Utopie — Organisation sociale : Société égalitaire sans classes. Liberté individuelle : Liberté totale de pensée et d’expression. Technologie : Utilisée pour améliorer la vie quotidienne. Fin de l’histoire : Heureuse, harmonieuse. Rôle de l’État : Protecteur et bienveillant.

→ Colonne Utopie : Société égalitaire / Liberté totale / Technologie au service du bien-être / Fin heureuse / État protecteur.

Question 2 (2 pts)Compléter la colonne Dystopie pour chaque critère

  1. Colonne Dystopie — Organisation sociale : Société hiérarchisée et oppressive. Liberté individuelle : Liberté supprimée au nom de l’ordre. Technologie : Utilisée pour surveiller et contrôler. Fin de l’histoire : Tragique, souvent apocalyptique. Rôle de l’État : Tyrannique, répressif.

→ Colonne Dystopie : Société hiérarchisée / Liberté supprimée / Technologie de contrôle / Fin tragique / État tyrannique.

Question 3 (1 pts)Citer une œuvre qui illustre chaque case de la colonne Dystopie

  1. Œuvres citées — Pour la dystopie : *1984* (surveillance totale), *Le Meilleur des mondes* (contrôle par le bonheur artificiel), *Kallocain* (drogue de vérité). Pour l’utopie : *Utopia* de Thomas More (société idéale), *La Cité du Soleil* de Campanella.

→ Dystopie : *1984*, *Le Meilleur des mondes*, *Kallocain*. Utopie : *Utopia*, *La Cité du Soleil*.

Barème de correction

Exactitude des critères pour l’utopie2 pts
Exactitude des critères pour la dystopie2 pts
Pertinence des œuvres citées1 pts

Exercice 3 : Peur congolaise et dystopie — Rédaction argumentative (6 points)

Rédaction argumentativeLien littérature-réalitéPeurs contemporaines en RD Congo

Rédige un paragraphe argumentatif (15-20 lignes) répondant à la question suivante : *« En quoi la peur de la fragmentation du pays pourrait-elle inspirer une dystopie congolaise contemporaine ? »*

  • Question à traiter
  • Contexte : Examen d'État 2025, épreuve de Français
  • Longueur attendue : 15-20 lignes
  1. Présenter la peur de la fragmentation du pays comme une angoisse majeure
  2. Citer deux exemples concrets de cette peur dans l’histoire récente de la RD Congo
  3. Montrer comment cette peur pourrait se transformer en dystopie (scénario, éléments clés)
  4. Conclure par une ouverture sur les solutions possibles
Solution complète

Question 1 (1 pts)Présenter la peur de la fragmentation du pays comme une angoisse majeure

  1. Présentation de la peur — La peur de la fragmentation est une angoisse récurrente en RD Congo depuis l’indépendance. Elle repose sur l’histoire des sécessions (Katanga, Sud-Kasaï) et sur les tensions actuelles entre communautés. Cette peur est exploitée par certains politiques pour justifier des mesures autoritaires au nom de la « stabilité ».

→ La peur de la fragmentation est une angoisse majeure liée à l’histoire des sécessions et aux tensions intercommunautaires actuelles.

Question 2 (2 pts)Citer deux exemples concrets de cette peur dans l’histoire récente de la RD Congo

  1. Exemples concrets — Premier exemple : les violences dans le Grand Nord-Kivu (2022-2024) ont déplacé plus de 1,5 million de personnes selon l’ONU. Deuxième exemple : la rébellion du Katanga dans les années 1960, réprimée dans le sang par Mobutu. Ces deux événements montrent que la peur d’une fragmentation n’est pas infondée.

→ Exemples : violences au Kivu (1,5M déplacés) et sécession du Katanga (années 1960).

Question 3 (2 pts)Montrer comment cette peur pourrait se transformer en dystopie (scénario, éléments clés)

  1. Scénario dystopique — Une dystopie sur ce thème pourrait décrire un pays divisé en zones contrôlées par des milices armées, où l’État central n’a plus de pouvoir réel. Les citoyens seraient identifiés par des brassards de couleur selon leur zone, avec des checkpoints armés. Les réseaux sociaux seraient censurés pour éviter tout appel à l’unité nationale. La peur de la fragmentation deviendrait une réalité cauchemardesque.

→ Scénario : pays divisé en zones miliciennes, brassards de couleur, checkpoints armés, censure des réseaux sociaux.

Question 4 (1 pts)Conclure par une ouverture sur les solutions possibles

  1. Ouverture — Pour éviter cette dystopie, il faudrait renforcer l’unité nationale par l’éducation civique, la justice transitionnelle et des politiques inclusives. La littérature peut servir d’avertissement, comme *1984* l’a fait pour les régimes totalitaires. En RD Congo, des auteurs comme Sony Labou Tansi ont déjà exploré ces thèmes dans leurs œuvres.

→ Ouverture : éducation civique, justice transitionnelle, politiques inclusives. La littérature comme avertissement.

Barème de correction

Pertinence des arguments sur la peur de la fragmentation2 pts
Qualité des exemples concrets2 pts
Créativité du scénario dystopique1 pts
Ouverture pertinente1 pts

Exercice 4 : Procédés stylistiques dans une dystopie congolaise (3 points)

Analyse stylistiqueEffets sur le lecteurProcédés littéraires

Dans l’extrait suivant d’une dystopie congolaise fictive intitulée *« Goma 2035 »*, identifie et analyse deux procédés stylistiques utilisés par l’auteur : *« Les montagnes du Virunga, autrefois gardiennes de la biodiversité, étaient désormais des forteresses de béton. Leurs pics, jadis couverts de neiges éternelles, ressemblaient à des dents cariées sous un ciel plombé. Les lacs kivusiens, autrefois bleus et poissonneux, n’étaient plus que des marécages infects où flottaient des cadavres de poissons. Et dans les rues de Goma, les enfants jouaient à la guerre avec des armes en plastique… mais qui ressemblaient étrangement à de vraies kalachnikovs. »*

  • Extrait fictif inspiré des dystopies
  • Contexte : Goma en 2035
  • Lieux mentionnés : Virunga, lac Kivu
  1. Relever deux procédés stylistiques
  2. Expliquer l’effet produit sur le lecteur par chacun de ces procédés
  3. Montrer en quoi cet extrait reflète une peur écologique et sociale
Solution complète

Question 1 (1 pts)Relever deux procédés stylistiques

  1. Procédés relevés — Premier procédé : métaphores (« forteresses de béton » pour les montagnes, « dents cariées » pour les pics). Deuxième procédé : personnification (« le ciel plombé »). Troisième procédé : oxymore (« armes en plastique… qui ressemblaient à de vraies kalachnikovs »).

→ Métaphores (forteresses de béton, dents cariées), personnification (ciel plombé), oxymore (armes en plastique qui ressemblent à de vraies kalachnikovs).

Question 2 (1 pts)Expliquer l’effet produit sur le lecteur par chacun de ces procédés

  1. Effet des métaphores — Les métaphores transforment la nature en symbole de décadence. « Forteresses de béton » suggère une militarisation du paysage, tandis que « dents cariées » évoque la maladie et la dégradation. Ces images créent un sentiment de malaise et de désespoir chez le lecteur.
  2. Effet de la personnification — La personnification (« ciel plombé ») donne une impression de lourdeur, de menace imminente. Le ciel n’est plus un élément naturel mais un poids qui écrase le paysage, renforçant l’atmosphère oppressante.

→ Les métaphores créent un sentiment de décadence et de malaise. La personnification donne une impression de menace imminente.

Question 3 (1 pts)Montrer en quoi cet extrait reflète une peur écologique et sociale

  1. Peur écologique — L’auteur montre la dégradation des montagnes du Virunga (anciennement couvertes de neige, maintenant des forteresses de béton) et la pollution des lacs kivusiens (marécages infects, cadavres de poissons). Cela reflète la peur d’un effondrement écologique en RD Congo, où les parcs naturels sont menacés par l’exploitation minière et les conflits.
  2. Peur sociale — La scène des enfants jouant à la guerre avec des armes qui ressemblent à de vraies kalachnikovs montre la banalisation de la violence. Cela reflète la peur d’une génération perdue, conditionnée à la violence dès l’enfance, comme on l’a vu avec les enfants soldats dans l’Est du pays.

→ Peur écologique : dégradation des montagnes et des lacs. Peur sociale : banalisation de la violence chez les enfants.

Barème de correction

Pertinence des procédés relevés1 pts
Explication claire des effets1 pts
Lien avec les peurs congolaises1 pts

Exercice 5 : Application à l'Examen d'État — Question de synthèse (2 points)

SynthèseApplication des conceptsPréparation à l'examen

En 3-4 lignes, explique comment tu utiliserais tes connaissances sur la littérature dystopique pour répondre à une question de l’Examen d’État sur le thème « Roman et société ».

  • Question type Examen d'État
  • Thème : Roman et société
  • Format : 3-4 lignes
  1. Rappeler l’importance du roman comme miroir de la société
  2. Citer un exemple de roman dystopique pertinent
  3. Montrer comment analyser un extrait en lien avec les peurs sociales
Solution complète

Question 1 (1 pts)Rappeler l’importance du roman comme miroir de la société

  1. Miroir de la société — Le roman est un miroir car il reflète les angoisses et les aspirations d’une société. Les dystopies, en imaginant des sociétés cauchemardesques, révèlent nos propres peurs : surveillance, répression, effondrement écologique.

→ Le roman est un miroir de la société car il reflète ses peurs et ses espoirs. Les dystopies révèlent nos angoisses contemporaines.

Question 2 (0 pts)Citer un exemple de roman dystopique pertinent

  1. Exemple de roman — En RD Congo, on pourrait citer *Les Soleils des indépendances* d’Ahmadou Kourouma pour son analyse des dérives postcoloniales, ou *L’Antépeuple* de Sony Labou Tansi pour sa critique des régimes autoritaires. Ces œuvres montrent comment le roman peut dénoncer les travers de la société.

→ Exemple : *1984* (Orwell) ou *Les Soleils des indépendances* (Kourouma) pour leur dénonciation des dérives sociales.

Question 3 (1 pts)Montrer comment analyser un extrait en lien avec les peurs sociales

  1. Méthode d'analyse — Pour analyser un extrait, il faut : 1) Repérer les procédés stylistiques (métaphores, ironie), 2) Identifier les thèmes (surveillance, répression), 3) Faire le lien avec les peurs contemporaines (corruption, conflits). Cela montre l’ancrage social du roman.

→ Méthode : repérer procédés stylistiques, thèmes, et liens avec les peurs contemporaines pour montrer l’ancrage social.

Barème de correction

Pertinence de l’explication sur le roman comme miroir1 pts
Clarté de la méthode d’analyse1 pts

Sources

  1. en.wikipedia.org
  2. www.depauw.edu
  3. doi.org
  4. search.worldcat.org
  5. archive.org
  6. www.jstor.org
  7. daily.jstor.org
  8. api.semanticscholar.org
  9. www.britannica.com
  10. thekeep.eiu.edu
  11. books.google.com
  12. www.vulture.com
  13. www.theguardian.com
  14. www.karinboye.se
  15. www.researchgate.net