Tu as déjà regardé un film congolais comme *Viva Riva!* ou *Kinshasa Makambo* et tu t’es demandé : 'Mais comment ils ont fait pour que ça soit aussi captivant ?' Derrière chaque scène, chaque réplique, chaque rebondissement, il y a des années de travail invisible. Aujourd’hui, on va lever le voile sur cet art mystérieux : la scénarisation. Pas besoin d’être un expert en cinéma pour comprendre comment ça marche. On va prendre des exemples concrets, des films que tu connais, et décortiquer leur structure comme si tu avais une loupe entre les mains. Prêt à devenir un pro de l’analyse narrative ? Alors, c’est parti !
Exercice 1 : Les fondements d'un scénario (4 points)
Le film *Kinshasa Makambo* (2019) a marqué le cinéma congolais par son approche narrative. En t’appuyant sur tes connaissances et sur la définition du scénario, explique en quoi consiste l’art de la scénarisation. Donne deux exemples concrets tirés de films congolais.
- Définis ce qu’est un scénario en utilisant tes propres mots.
- Quels sont les trois éléments essentiels qui composent un scénario selon les experts ?
- Cite deux films congolais récents et explique brièvement comment leur scénario a contribué à leur succès.
Solution complète
Question 1 (1 pts) — Définis ce qu’est un scénario en utilisant tes propres mots.
- Définition personnelle — Un scénario est un texte écrit qui sert de base à la réalisation d’un film. Il contient non seulement l’histoire, mais aussi les indications techniques (cadrage, mouvements de caméra, etc.) et les dialogues.
→ Un scénario est un document écrit qui décrit de manière détaillée chaque scène, chaque dialogue et chaque indication technique d’un film, servant de base à la réalisation.
Question 2 (2 pts) — Quels sont les trois éléments essentiels qui composent un scénario selon les experts ?
- Éléments essentiels — Les trois éléments essentiels d’un scénario sont : 1) la structure narrative (début, milieu, fin), 2) les personnages et leurs motivations, et 3) les dialogues et les actions.
→ Les trois éléments essentiels sont : la structure narrative (en trois actes), les personnages avec leurs motivations, et les dialogues/indications de mise en scène.
Question 3 (1 pts) — Cite deux films congolais récents et explique brièvement comment leur scénario a contribué à leur succès.
- Exemples congolais — Pour *Kinshasa Makambo*, le scénario a permis de mettre en lumière les tensions politiques de l’époque à travers une histoire personnelle. Pour *Viva Riva!*, le scénario a su mêler drame, action et romance dans un cadre urbain typiquement congolais.
→ Exemple 1 : *Kinshasa Makambo* — scénario centré sur des personnages réels et une intrigue politique. Exemple 2 : *Viva Riva!* — scénario mêlant plusieurs genres dans un décor urbain congolais.
Barème de correction
| Définition claire et précise du scénario | 1 pts |
| Identification correcte des trois éléments essentiels | 2 pts |
| Pertinence des exemples congolais cités | 1 pts |
Exercice 2 : Analyse d'une scène du film *Viva Riva!* (5 points)
Dans *Viva Riva!* (2010), la scène où Riva et Nora se rencontrent pour la première fois dans un bar de Kinshasa est un moment clé du film. Analyse cette scène en identifiant : 1) son rôle dans l’intrigue globale, 2) les techniques de dialogue utilisées, et 3) l’impact émotionnel sur le spectateur.
- Titre du film : *Viva Riva!*
- Réalisateur : Djo Tunda Wa Munga
- Année : 2010
- Lieu : Bar à Kinshasa
- Quel est le rôle de cette scène dans la structure globale du film ? Justifie ta réponse.
- Relevez deux techniques de dialogue utilisées dans cette scène et explique leur effet sur le spectateur.
- Comment cette scène contribue-t-elle à créer de la tension narrative ?
Solution complète
Question 1 (2 pts) — Quel est le rôle de cette scène dans la structure globale du film ? Justifie ta réponse.
- Fonction narrative — Cette scène est un 'inciting incident' : elle lance l’action principale du film. Sans cette rencontre, le conflit central (la rivalité entre Riva et un autre personnage) n’aurait pas de raison d’être.
→ Cette scène joue le rôle d’incident déclencheur : elle lance l’intrigue principale en créant une relation entre Riva et Nora qui va influencer tout le récit.
Question 2 (2 pts) — Relevez deux techniques de dialogue utilisées dans cette scène et explique leur effet sur le spectateur.
- Exemples de dialogues — Technique 1 : Sous-entendus. Exemple : 'Tu sais où me trouver' (Riva à Nora) — cela suggère une relation future sans la nommer explicitement. Technique 2 : Répliques courtes et percutantes pour créer du rythme et de la tension.
→ Deux techniques : 1) les sous-entendus ('Tu sais où me trouver'), 2) les répliques courtes et percutantes pour créer du rythme et de la tension.
Question 3 (1 pts) — Comment cette scène contribue-t-elle à créer de la tension narrative ?
- Création de tension — La tension est créée par la confrontation visuelle (regards insistants), les silences lourds de sens, et la musique (un soukous en fond qui accentue l’érotisme et le danger). Le spectateur pressent un conflit à venir.
→ La tension est créée par les regards insistants, les silences, la musique (soukous) et la menace implicite dans les dialogues.
Barème de correction
| Identification correcte du rôle de la scène dans l’intrigue | 2 pts |
| Reconnaissance de deux techniques de dialogue et explication de leur effet | 2 pts |
| Explication de la contribution à la tension narrative | 1 pts |
Exercice 3 : Structurer une scène pour un court-métrage (6 points)
Imagine que tu écris un court-métrage de 5 minutes situé dans un marché de Lubumbashi. Le personnage principal, un jeune vendeur de tissus nommé Koffi, découvre que sa marchandise a été volée. Ta mission : structurer une scène clé de ce court-métrage en respectant les contraintes suivantes : 1) la scène doit durer 1 minute et 30 secondes maximum, 2) inclure au moins deux personnages, 3) créer une tension palpable, et 4) se terminer par une révélation ou un rebondissement.
- Lieu : Marché de Lubumbashi (exemple : Marché Gécamines)
- Personnage principal : Koffi (25 ans, vendeur de tissus)
- Événement déclencheur : Vol de la marchandise
- Durée maximale : 1 min 30 s
- Rédige un synopsis détaillé de cette scène en indiquant le lieu précis, les personnages, et l’action principale.
- Écris les dialogues entre Koffi et un autre personnage (client, policier, ou voleur) en utilisant des techniques de dialogue qui créent de la tension.
- Explique comment tu as respecté les contraintes de durée et de tension narrative dans ton écriture.
Solution complète
Question 1 (2 pts) — Rédige un synopsis détaillé de cette scène en indiquant le lieu précis, les personnages, et l’action principale.
- Cadre et personnages — Lieu : Étalage de tissus au Marché Gécamines. Personnages : Koffi (25 ans), un client pressé (40 ans), un policier (30 ans). Action : Koffi découvre le vol, interroge le client, puis le policier, et découvre l’identité du voleur.
→ Synopsis : Marché Gécamines, Lubumbashi. Koffi, 25 ans, constate le vol de ses tissus. Il interroge un client pressé qui nie, puis un policier. La scène se termine quand Koffi reconnaît son cousin parmi les passants.
Question 2 (3 pts) — Écris les dialogues entre Koffi et un autre personnage (client, policier, ou voleur) en utilisant des techniques de dialogue qui créent de la tension.
- Dialogues tendus — Les dialogues utilisent des questions directes, des dénégations, et des révélations progressives. Les répliques courtes et les silences créent de la tension. Exemple : 'C’est mon cousin...' est une révélation qui change la dynamique.
→ Dialogues : Koffi : 'Attends ! Tu as vu qui a pris mon sac ?' Client : 'Moi ? Pourquoi je ferais ça ?' Koffi : 'Parce que tu viens de partir en courant !' Policier : 'Décris-moi le voleur.' Koffi : 'C’est mon cousin...'
Question 3 (1 pts) — Explique comment tu as respecté les contraintes de durée et de tension narrative dans ton écriture.
- Respect des contraintes — Durée : 1 min 30 s est respectée en limitant les actions à 3 étapes (découverte, interrogation du client, interrogation du policier). Tension : créée par les questions directes, les dénégations, et la révélation finale qui change la perspective.
→ Contrainte durée : 3 actions clés en 1 min 30 s. Tension : dialogues courts, questions directes, révélation finale ('mon cousin') qui surprend le spectateur.
Barème de correction
| Pertinence du synopsis et respect des contraintes de lieu/personnages | 2 pts |
| Qualité des dialogues et respect des techniques de tension | 3 pts |
| Explication claire du respect des contraintes de durée et de tension | 1 pts |
Exercice 4 : La structure en trois actes appliquée à un film congolais (4 points)
Le film *Félicité* (2017) d’Alain Gomis est souvent cité pour sa structure narrative complexe. En t’appuyant sur la théorie des trois actes (setup, confrontation, résolution), analyse comment ce film respecte ou s’éloigne de cette structure classique. Donne des exemples précis tirés du film.
- Titre du film : *Félicité*
- Réalisateur : Alain Gomis
- Année : 2017
- Pays : RD Congo
- Décris brièvement la structure en trois actes.
- Montre comment *Félicité* respecte la structure en trois actes en citant des scènes clés.
- Identifie un moment où le film s’éloigne de la structure classique et explique pourquoi.
Solution complète
Question 1 (1 pts) — Décris brièvement la structure en trois actes.
- Définition des trois actes — Acte 1 : Présentation des personnages et du conflit initial. Acte 2 : Développement des obstacles et tensions. Acte 3 : Résolution du conflit et conclusion.
→ La structure en trois actes divise un récit en : Acte 1 (setup) — présentation des personnages et du conflit, Acte 2 (confrontation) — développement des obstacles, Acte 3 (résolution) — résolution du conflit.
Question 2 (2 pts) — Montre comment *Félicité* respecte la structure en trois actes en citant des scènes clés.
- Exemples dans *Félicité* — Acte 1 : Félicité apprend l’accident de son fils. Acte 2 : Elle cherche de l’argent, confrontée à des refus et à la corruption. Acte 3 : Elle organise un concert pour sauver son fils.
→ *Félicité* respecte la structure : Acte 1 (accident du fils), Acte 2 (recherche d’argent et obstacles), Acte 3 (concert et résolution).
Question 3 (1 pts) — Identifie un moment où le film s’éloigne de la structure classique et explique pourquoi.
- Écart à la structure classique — Le film s’éloigne de la structure classique en Acte 3 : la résolution ne vient pas d’une victoire classique, mais d’un acte de solidarité (le concert organisé par ses amis musiciens). Cela reflète la réalité sociale de Kinshasa.
→ En Acte 3, la résolution passe par un concert organisé par des amis, pas par une victoire individuelle classique. Cela reflète la solidarité dans la société congolaise.
Barème de correction
| Définition claire de la structure en trois actes | 1 pts |
| Analyse pertinente de *Félicité* avec exemples précis | 2 pts |
| Identification et explication d’un écart à la structure classique | 1 pts |
Exercice 5 : Créer un synopsis pour un film sur la vie étudiante à Kisangani (5 points)
Tu es chargé(e) de rédiger un synopsis pour un court-métrage de 15 minutes sur la vie étudiante à Kisangani. Le thème central est : 'La pression des examens et les sacrifices familiaux'. Ton synopsis doit inclure : 1) une structure en trois actes, 2) des personnages réalistes, 3) un conflit clair, et 4) une résolution qui reflète les réalités locales.
- Durée : 15 minutes
- Lieu : Kisangani (exemple : Campus de l’Université de Kisangani)
- Thème : Pression des examens et sacrifices familiaux
- Rédige un synopsis détaillé en trois actes pour ce court-métrage.
- Présente les personnages principaux et leurs motivations.
- Explique comment ton synopsis reflète les réalités de la vie étudiante à Kisangani.
Solution complète
Question 1 (2 pts) — Rédige un synopsis détaillé en trois actes pour ce court-métrage.
- Structure en trois actes — Acte 1 : Présentation de Mamadou et du sacrifice de son père. Acte 2 : Échec et dilemme moral. Acte 3 : Soutien des amis et réussite.
→ Acte 1 : Mamadou apprend que son père a vendu une parcelle pour ses études. Acte 2 : Il échoue à un partiel et hésite à tricher. Acte 3 : Ses amis l’aident à réussir grâce à une révision collective.
Question 2 (2 pts) — Présente les personnages principaux et leurs motivations.
- Personnages réalistes — Mamadou : étudiant en médecine, motivé par le sacrifice familial. Sa sœur : enseignante, symbole de réussite locale. Le père : agriculteur, représente les sacrifices des parents. Les amis : étudiants sous pression, reflètent la réalité du campus.
→ Personnages : Mamadou (étudiant en médecine), sa sœur aînée (enseignante), son père (agriculteur ayant vendu une parcelle), et ses amis (étudiants solidaires).
Question 3 (1 pts) — Explique comment ton synopsis reflète les réalités de la vie étudiante à Kisangani.
- Réalités locales — Le synopsis reflète : 1) la pression des examens dans un contexte où l’échec a des conséquences familiales graves, 2) la solidarité entre étudiants, 3) les sacrifices des parents pour l’éducation, 4) l’importance des études dans la société congolaise.
→ Le synopsis reflète les réalités de Kisangani : pression des examens, sacrifices familiaux (vente de terre), solidarité étudiante, et importance de la réussite scolaire dans un contexte socio-économique difficile.
Barème de correction
| Pertinence du synopsis en trois actes et respect des contraintes | 2 pts |
| Réalisme et cohérence des personnages et de leurs motivations | 2 pts |
| Explication des liens avec les réalités locales de Kisangani | 1 pts |
Exercice 6 : Le 'story engine' et son application aux séries congolaises (3 points)
Le concept de 'story engine' (moteur narratif) est utilisé pour décrire la mécanique qui fait avancer une série télévisée. Par exemple, dans *Lupita* (série congolaise populaire), le 'story engine' pourrait être la rivalité entre Lupita et son ennemie, Madame Bintou. En t’appuyant sur ce concept, explique comment un 'story engine' peut être utilisé pour créer une série télévisée en RD Congo. Donne un exemple concret.
- Exemple de série congolaise : *Lupita*
- Concept : 'story engine'
- Qu’est-ce qu’un 'story engine' ? Donne une définition simple.
- Propose un 'story engine' pour une nouvelle série télévisée se déroulant à Goma, en expliquant comment il maintiendrait l’intérêt des spectateurs.
- Pourquoi ce concept est-il utile pour les scénaristes en RD Congo ?
Solution complète
Question 1 (1 pts) — Qu’est-ce qu’un 'story engine' ? Donne une définition simple.
- Définition — Le 'story engine' est le mécanisme central qui fait avancer l’intrigue d’une série. Il doit être simple, répétable, et capable de générer des épisodes variés.
→ Un 'story engine' est un mécanisme narratif central (conflit, rivalité, mystère) qui fait avancer l’intrigue d’une série de manière répétable et variée.
Question 2 (1 pts) — Propose un 'story engine' pour une nouvelle série télévisée se déroulant à Goma, en expliquant comment il maintiendrait l’intérêt des spectateurs.
- Exemple à Goma — Story engine : 'La compétition entre deux groupes de jeunes entrepreneurs pour un contrat gouvernemental'. Chaque épisode pourrait explorer une nouvelle stratégie, une trahison, ou une alliance.
→ Pour une série à Goma : 'La compétition entre deux groupes de jeunes entrepreneurs pour un contrat gouvernemental'. Chaque épisode explore une nouvelle stratégie ou trahison.
Question 3 (1 pts) — Pourquoi ce concept est-il utile pour les scénaristes en RD Congo ?
- Utilité pour les scénaristes — Ce concept est utile car il permet de créer une série avec une structure narrative cohérente tout en laissant de la place à la créativité. En RD Congo, où les budgets sont souvent limités, un 'story engine' simple mais efficace peut aider à produire des épisodes rapidement.
→ En RD Congo, un 'story engine' simple mais efficace permet de produire des épisodes rapidement, même avec des budgets limités, tout en maintenant l’intérêt des spectateurs.
Barème de correction
| Définition claire du 'story engine' | 1 pts |
| Pertinence de l’exemple proposé pour une série à Goma | 1 pts |
| Explication de l’utilité du concept pour les scénaristes congolais | 1 pts |