Tu as déjà entendu parler de <<Roméo et Juliette>> ? Et si je te disais que cette histoire d’amour maudite ressemble étrangement à celle de deux jeunes de Goma dont les familles se disputent des terres près du volcan Nyiragongo ? Shakespeare, ce vieux barbu du 16ème siècle, parle encore à ta génération. Mais pourquoi ses pièces, écrites il y a plus de 400 ans, font-elles toujours vibrer les spectateurs à Kinshasa, Lubumbashi ou Kisangani ? Et surtout… comment ça peut t’aider à cartonner à l’Examen d’État ?
Shakespeare, c’est qui et pourquoi en parle-t-on encore ?
Imagine : tu marches dans les rues de Kinshasa, près de la place de la Victoire. Un groupe d’amis discute d’un chef qui a trahi son peuple. Un autre parle d’un amour impossible entre deux quartiers ennemis. Ces situations te semblent familières ? Eh bien, tu viens de décrire sans le savoir des intrigues de <<Macbeth>> ou de <<Roméo et Juliette>> ! William Shakespeare, dramaturge anglais du , a écrit 37 pièces et 154 sonnets. Mais son génie, c’est d’avoir créé des histoires si universelles qu’elles traversent les siècles et les continents. À Kinshasa, des troupes comme le Théâtre national Congolais adaptent encore ses pièces en lingala ou en swahili. Pourquoi ? Parce que les thèmes qu’il aborde – le pouvoir, la jalousie, l’amour – sont intemporels.
En clair : Un dramaturge, c’est comme un réalisateur de cinéma : il imagine des personnages, des décors et une intrigue qui feront réagir le public.
Définition : Dramaturge désigne un écrivain spécialisé dans la création de pièces de théâtre, où l’action et les dialogues priment sur la narration descriptive.
À ne pas confondre : Un romancier écrit des livres avec des descriptions détaillées, alors qu’un dramaturge écrit des répliques et des didascalies pour la scène.
Retiens : Shakespeare n’a pas écrit des romans, mais des pièces à jouer. C’est pour ça que ses histoires sont si vivantes !
Koffi, un élève de 1ère au lycée Bosangani à Kinshasa, prépare une présentation sur <<Macbeth>> pour son cours de français. Il se demande comment cette pièce du 17ème siècle peut parler à la RD Congo d’aujourd’hui.
- Dans <<Macbeth>>, un général ambitieux tue le roi pour prendre le pouvoir, mais sombre dans la paranoïa et la culpabilité.
- À Kinshasa, on entend souvent parler de ministres ou de gouverneurs qui changent de camp pour garder leur poste, comme dans un jeu de chaises musicales politique.
- Le thème de la trahison est partout : dans les familles, entre amis, et même dans les partis politiques.
- La pièce montre que le pouvoir absolu corrompt absolument – un message qui résonne avec les scandales de corruption en RD Congo.
- Koffi remarque que <<Macbeth>> ressemble à des histoires qu’on entend aux infos : un homme arrive au pouvoir par la ruse, puis tout s’effondre.
Retiens : Shakespeare parle du pouvoir comme si c’était une maladie contagieuse. En RD Congo, cette 'maladie' se manifeste différemment, mais les symptômes sont les mêmes : trahison, paranoïa, chute brutale.
Ces thèmes qui traversent les siècles : et si Shakespeare parlait de ta vie ?
Prenons un exemple concret : l’amour. Dans <<Roméo et Juliette>>, deux jeunes de familles ennemies tombent amoureux. À Lubumbashi, tu connais peut-être l’histoire de deux élèves de l’Institut Maendeleo dont les parents sont en conflit à cause d’un terrain à Kasapa ? Shakespeare a écrit cette pièce en 1597, mais l’intrigue pourrait se passer n’importe où en RD Congo aujourd’hui. Le génie de Shakespeare, c’est d’avoir capturé des émotions humaines si pures qu’elles résistent au temps. La jalousie dans <<Othello>> ? Elle existe dans les couples de Goma comme dans ceux de Bruxelles. La soif de vengeance dans <<Hamlet>> ? Elle anime les personnages des séries télé que tu regardes. Ces thèmes sont des ponts entre le 17ème siècle et ton quotidien.
Maman Sifa, 17 ans, vit à Kisangani. Elle est amoureuse de Blaise, un garçon de son quartier, mais leurs familles appartiennent à des ethnies différentes et se méfient l’une de l’autre.
- Dans <<Roméo et Juliette>>, les familles Montaigu et Capulet se détestent, mais Roméo et Juliette tombent quand même amoureux.
- À Kisangani, les tensions ethniques existent, mais l’amour triomphe parfois : des couples mixtes se forment malgré les préjugés.
- Maman Sifa cite <<Roméo et Juliette>> pour expliquer à ses parents pourquoi elle veut épouser Blaise : 'Comme dans la pièce, notre amour est plus fort que les barrières !'
- Le père de Maman Sifa répond : 'Mais Juliette a fini empoisonnée !' – un argument qui fait réfléchir.
- Cette histoire montre que Shakespeare n’est pas qu’un vieux texte : c’est un miroir de nos propres combats.
Retiens : Shakespeare ne donne pas de solutions magiques, mais il pose les bonnes questions. À toi de trouver tes réponses.
Shakespeare influence encore les auteurs modernes : le cas Tolkien
Tu connais <<Le Seigneur des Anneaux>> ? Ce chef-d’œuvre de fantasy a été écrit par J.R.R. Tolkien, un professeur d’Oxford qui détestait Shakespeare… ou du moins, c’est ce qu’il prétendait ! En réalité, <<Tolkien, via Wikipedia>>, Shakespeare a profondément marqué Tolkien. Dans une lettre, Tolkien avoue sa 'déception amère' envers Shakespeare, notamment pour la façon dont il explique l’arrivée de la forêt de Birnam à Dunsinane dans <<Macbeth>>. Pourtant, Tolkien a puisé dans <<Macbeth>>, <<Le Songe d’une nuit d’été>> et <<Le Roi Lear>> pour créer son propre univers. Par exemple, les elfes de Tolkien sont inspirés des fées de <<Le Songe d’une nuit d’été>>, et la folie de Denethor dans <<Le Retour du Roi>> rappelle celle du roi Lear. Cette influence est fascinante : un auteur qui déteste Shakespeare en devient malgré lui un héritier !
Blaise, un étudiant en art à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, prépare un clip vidéo inspiré de Shakespeare. Il veut montrer que le dramaturge anglais est toujours vivant dans la culture congolaise.
- Le groupe Fally Ipupa a une chanson <<Tokooos>> où il parle de trahison, un thème central dans <<Othello>>.
- Le film <<Viva Riva!>> (2010) de Djo Tunda Wa Munga a des intrigues qui rappellent <<Macbeth>> : un homme tue pour obtenir le pouvoir, puis sombre dans la paranoïa.
- Les conteurs de Lubumbashi racontent des histoires de rois maudits qui évoquent <<Le Roi Lear>>.
- Les graffeurs de Goma dessinent des scènes de <<Hamlet>> sur les murs de la ville.
- Blaise décide d’utiliser des masques traditionnels congolais pour représenter les personnages de <<Le Songe d’une nuit d’été>> dans son clip.
Retiens : Shakespeare n’est pas mort. Il vit dans nos chansons, nos films, nos graffitis et même nos danses !
Shakespeare a créé une recette infaillible pour des histoires qui traversent le temps :
Shakespeare et l’Examen d’État : comment cartonner ?
Voici comment aborder Shakespeare à l’Examen d’État :
- Lis attentivement l’extrait. Souligne les mots-clés et note les didascalies (les indications de mise en scène).
- Identifie le thème principal (pouvoir ? amour ? trahison ?) et le type de texte (tragédie ? comédie ?).
- Fais un lien avec un texte africain ou congolais. Par exemple, compare <<Macbeth>> avec un discours de Tshisekedi ou une chanson de Fally Ipupa.
- Structure ta réponse : introduction (présente le texte), développement (analyse + lien), conclusion (ouverture).
- Sois créatif dans ta conclusion : propose une réécriture moderne, une suite à l’histoire, ou une critique personnelle.
Retiens : Analyse d’abord, compare ensuite, crée enfin. C’est la clé pour marquer des points.
Voici un sujet type que tu pourrais avoir à l’Examen d’État. Lis bien l’extrait et réponds aux questions.
- Extrait : Acte I, scène 3 de <<Macbeth>> (la scène des sorcières).
- Question 1 : Quel est le thème principal de cet extrait ?
- Question 2 : Fais un lien avec une situation politique actuelle en RD Congo.
- Question 3 : Propose une réécriture moderne de cette scène en lingala ou en français.
Retiens : Pour l’Examen d’État, Shakespeare n’est pas un fardeau : c’est une opportunité de briller si tu fais les bons liens.
Exercice : Analyse d’un sonnet de Shakespeare
Analyse le sonnet 18 de Shakespeare ('Shall I compare thee to a summer’s day?') en répondant aux questions suivantes : 1) Quel est le thème principal ? 2) Quels procédés stylistiques sont utilisés ? 3) Fais un lien avec une chanson congolaise qui parle d’amour ou de beauté.
Solution
- Compréhension du texte — Lis attentivement le sonnet. Repère les images (été, vent, saison) et les émotions (beauté, éternité).
- Analyse des procédés — Identifie les métaphores ('thou art more lovely and more temperate'), les antithèses ('rough winds do shake the darling buds of May'), et les rimes.
- Lien avec la culture congolaise — Pense à des chansons comme <<Mokili na ngai>> de Koffi Olomide ou <<Biso na biso>> de Fally Ipupa qui parlent de beauté ou d’amour éternel.
- Structure de la réponse — Organise ton analyse en trois parties : thème, procédés, lien culturel. Utilise des connecteurs logiques ('de plus', 'en revanche', 'ainsi').
→ Le sonnet 18 célèbre la beauté éternelle de l’être aimé, comparée à la fugacité de l’été. Shakespeare utilise des métaphores ('thou art more lovely') et des antithèses pour montrer que l’amour vrai dépasse le temps. En RD Congo, on pourrait comparer ce sonnet à la chanson <<Mokili na ngai>> de Koffi Olomide, où l’artiste chante l’amour qui transcende les épreuves. La beauté de l’être aimé est présentée comme une constante, tout comme dans le sonnet.
Pourquoi Shakespeare est-il toujours actuel ? Le récap’ en 3 points
Tu vois, Shakespeare, c’est comme le poulet braisé de ta maman à Matete : tout le monde en parle, tout le monde en mange, mais personne ne sait vraiment qui l’a inventé !
→ Retiens : Shakespeare, c’est le poulet braisé de la littérature : simple à apprécier, mais génial quand on creuse !
FAQ
Shakespeare a écrit il y a 400 ans, comment ses pièces peuvent-elles encore parler aux jeunes Congolais aujourd’hui ?
Parce que les émotions humaines ne changent pas ! La jalousie, l’amour, la soif de pouvoir… Ces sentiments sont les mêmes à Kinshasa qu’à Londres au 17ème siècle. Shakespeare a simplement su les capturer dans des histoires qui résistent au temps. Pense à une chanson de Fally Ipupa : les paroles parlent d’amour, de trahison, de réussite… exactement comme dans <<Roméo et Juliette>> ou <<Macbeth>>.
Est-ce que je dois tout savoir sur Shakespeare pour l’Examen d’État ?
Non ! L’Examen d’État ne teste pas ta mémoire, mais ta capacité à analyser et à faire des liens. Concentre-toi sur 2-3 pièces (<<Macbeth>>, <<Roméo et Juliette>>, <<Hamlet>>) et 2-3 thèmes (pouvoir, amour, trahison). Pour le reste, montre que tu sais comparer avec la culture congolaise. C’est ça qui fait la différence !
Pourquoi les examinateurs aiment-ils Shakespeare ?
Parce que Shakespeare est un 'classique' : un auteur qui a marqué l’histoire de la littérature. Les examinateurs adorent ça car ça montre ta culture générale. Mais attention : ils ne veulent pas que tu récites par cœur. Ils veulent que tu analyses, compares et crées. C’est comme si on te demandait de goûter un plat : tu dois dire ce que tu ressens, pas juste citer la recette !
Est-ce que Shakespeare est difficile à comprendre ?
Au début, oui, surtout avec l’anglais ancien. Mais une fois que tu as compris les thèmes et les intrigues, c’est comme écouter une chanson en lingala : au début tu ne comprends rien, puis tu retiens le refrain et tu finis par tout saisir. Astuce : regarde des adaptations modernes (films, séries) ou lis des résumés en français avant de plonger dans le texte original.
Peut-on vraiment comparer Shakespeare à la culture congolaise ?
Absolument ! Shakespeare parle de pouvoir ? En RD Congo, on a des histoires de chefs qui trahissent leur peuple. Il parle d’amour interdit ? À Kisangani, des couples de familles ennemies se marient. Il parle de trahison ? Regarde les infos sur les scandales politiques. Les thèmes sont universels, les contextes changent. C’est ça, la magie de Shakespeare : il s’adapte à tous les pays, toutes les époques.
Quel est le meilleur conseil pour étudier Shakespeare sans se décourager ?
Commence par les adaptations ! Regarde <<Macbeth>> en film avec Denzel Washington, ou lis une version simplifiée en français. Ensuite, plonge dans le texte original avec un dictionnaire ou une traduction en parallèle. Et surtout : fais des liens avec ta vie. Si tu vois un parallèle entre <<Othello>> et une histoire que tu connais, note-le. C’est comme ça que tu mémorises : en reliant le nouveau à l’ancien.